Demain je passe une IRM… après quelques séances de sophrologie

Mme V, est une jeune femme que j’accompagne en sophrologie depuis plusieurs mois du fait d’angoisses importantes et répétées sans objet manifeste.

L’anamnèse révèle que Mme V est dans un contrôle permanent et que l’inconnu lui fait peur. Au fil des séances de sophrologie et par la distance prise par rapport à son schéma de pensée répétitif, Mme V. prend conscience que savoir que cette situation inconnue va l’angoisser, lui permet d’appréhender la situation d’une manière connue qu’est l’angoisse. En quelque sorte, elle contrôle sa réaction d’angoisse incontrôlée. En devenant le témoin de son fonctionnement intrapsychique, elle se rend compte qu’elle s’approprie la situation à venir, qu’elle contrôle ses réactions futures.

Aujourd’hui, Mme V. me fait part de son inquiétude. Elle doit passer, pour la 1ère fois, une IRM alors qu’elle a une tendance à la claustrophobie. Elle craint l’incontrôlable : l’ANGOISSE. Je constate qu’elle retrouve un fonctionnement bien connu pour faire face à l’inconnu. Je me garde bien de lui faire remarquer mais je reformule ses propos qu’elle écoute attentivement et, devenant l’observateur de sa pensée que j’exprime, elle se met à rire et à comprendre la supercherie de son mental et s’en veut de se laisser aller dans ce fonctionnement alors qu’elle pensait « maîtriser » ses angoisses par la sophrologie. Elle appréhende, Du latin apprehendere « prendre, saisir, attraper », elle attrape et saisit le futur toujours de la même manière à travers l’angoisse bien connue.

Je lui propose donc une séance de sophrologie, plongée dans la phénoménologie et le lâcher prise qu’elle connaît bien car elle s’entraîne régulièrement chez elle.

Je lui demande d’être très présente à sa respiration, comme si c’était la 1ère fois , sans aucune appréhension de manière à s’entraîner à vivre des expériences uniques, nouvelles, dans le lâcher prise. Avec beaucoup d’attention, de présence et de curiosité je lui propose de vivre, de découvrir sa respiration et de livrer son corps à la détente et aux sensations de l’instant présent. Je lui permets de confier son corps à ce moment qui lui est donné, dans la présence et dans l’espace de sa conscience disponible pour l’accueillir avec cette attention nouvelle sans cesse renouvelée.

Je lui laisse le temps de vivre sa présence, sa relation à elle-même, une relation bienveillante, sans jugement, sans recherche, sans exigence, sans faire appel à la volonté ni au désir de contrôler. Simplement dans le laissé faire, dans le laissé être dans cette expérience où des sensations nouvelles peuvent apparaître, où la personne apprend à ne pas les contrôler mais à juste les vivre dans leur saveurs de l’instant.

La personne décrit son expérience qu’elle qualifie d’étonnante. « Je redécouvre le plaisir de me laisser porter… l’impression d’avoir été enveloppée, chérie par mon attention… ça fait du bien».

Lors de la séance suivante, la personne me fait part de son IRM « j’ai dû remplir un formulaire et à la question ; êtes vous claustrophobe? J’ai coché non car j’ai senti que dans l’instant, je ne l’étais pas, même si je l’ai déjà été ». Nous échangeons un sourire complice. « Je me suis laissée allée à cet examen, j’ai senti que je me laissais le vivre et je percevais le personnel bienveillant, j’avais confiance et je me suis livrée à l’expérience et au personnel médical. Dès que je me suis allongée pour l’IRM, j’ai fermé les yeux et je me suis laissée faire. On m’a remis une petite poire dans la main, on m’a posé délicatement un casque sur les oreilles et j’ai accueilli cette musique qui m’était destinée que je ne connaissais pas. Je me suis sentie chérie, un peu enveloppée par le soin que le personnel m’apportait, j’ai aimé cela. Il y avait de l’air frais qui caressait mon visage, j’ai profité de l’instant présent pour me reposer et faire une petite séance de sophrologie dans laquelle j’ai approfondi ma détente et le plaisir d’être avec moi-même. » « Je suis ravie de m’être laissée portée par le moment présent et par cette expérience nouvelle sans la vivre avec appréhension. C’est un peu comme ci j’avais traversé ma peur, sans chercher à la maitriser et tout autre chose s’est présenté à moi !»

Auteur : Anne Almqvist

2018-01-25T18:35:26+00:00 6 mai 2015|