Sophrologie en entreprise : l’Humain au cœur de la réflexion

Nous nous retrouvions sur le thème de la gestion du stress et mon programme était de repositionner l’humain au cœur de la réflexion. Souvent nié, étouffé, voir dans certains cas extrêmes, annihilé, l’Homme en tant qu’individu unique est en souffrance dans l’entreprise.

Mon programme offre la possibilité de revenir à soi pour percevoir ses tensions, l’emmagasinement physique de ces tensions qu’on ne sent plus, puis retrouver ses capacités d’attention, de concentration, poser son attention sur une tache et non plus la partager entre plusieurs (mail, téléphone, questions des collègues, tout ça en essayant de travailler sur les dossiers en cours) pour enfin, connecté à soi, pouvoir prendre le recul nécessaire sur ce qui nous submerge au quotidien. Pouvoir au terme de cet atelier être présent à soi, être présent au bureau pour ses taches, sans emmener de stress à la maison le soir, conquérir la liberté de s’organiser comme on le souhaite et vivre sa vie professionnelle en accord avec soi.

Ma voix s’est modifiée et au calme s’est ajouté le sourire. Grande chaleur dans tout le corps malgré le froid de la pièce. Corps plus lourd mais vigilance augmentée. Je pouvais sentir la présence des autres dans la pièce. Arrivent les 3 qualités existentielles, que je vis comme un partage de valeurs très fort. Chaleur dans les mains, sensations d’irradier de l’énergie jaune, douce comme celle du soleil, bienveillance. Je sentais l’énergie bleue des membres du groupe venir vers moi.

J’ai l’impression d’être une autre personne. D’avoir non pas changé de masque mais tombé le masque. Quand j’anime, je Suis. Sans aucun adjectif qualificatif.

Sous l’effet du stress chaque taupinière devient rapidement une montagne. Or, nous portons en nous la capacité de remettre les choses à leur juste place. Une fois les choses à leur juste place, nous prenons un positionnement juste, en accord avec nous même, dans le respect de qui nous sommes, ce que nous ressentons et dans le respect de ce que l’autre vit et perçoit.

Je ressens l’alliance avec le groupe dans la confiance qu’elles investissent en moi. Elles sont curieuses et se lancent dans les séances sans apriori. Après les séances lors du déjeuner et lorsque nous nous croisons à d’autres périodes de la journée, la relation n’est pas la même qu’avec d’autres collègues. Il y a une connaissance de l’autre en tant qu’individu qui est réellement présente. D’ailleurs certaines ont oublié ce que font les autres dans la société et ne posent pas la question.

La conscience de ces signes physiques de mon stress m’a emmenée à respirer sur 5 temps, à laisser des pauses d’intégration plus longues. A me poser, à être là. Pas dans leur tête à imaginer ce qu’elles pensent, ni dans la mienne à me juger.

Libre de tout cela pour n’être que moi et nous emmener dans notre séance de SA/SC. Pourtant, arrivée à la SDB, gros malaise sur le deuxième système. La crise d’angoisse était de retour. Je ne pouvais plus déglutir, j’avais chaud, je perdais contact avec mon corps : plus de contour, plus de sensations, que du froid, puis du chaud, des tremblements et cette insupportable boule de feu énorme dans ma gorge qui me coupait le souffle.

En l’espace de quelques secondes, j’ai subi les symptômes, compris ce qu’il se passait mais refusé d’abandonner. Je ne pouvais pas rouvrir les yeux et leur dire « désolée les filles, je panique, on va en rester là ». J’ai continué, très lentement, très péniblement. Nous passons au troisième système, le souffle se coupe plus fort, la boule dans la gorge se fait un peu plus petite. Ma crise d’angoisse se promène elle aussi dans mes systèmes, adaptant son mode d’expression selon le « quartier » dans lequel elle se trouve.

Lors d’une pause d’intégration, j’ai décidé de lui parler intérieurement. Je lui ai dit que je la voyais, que je savais pourquoi elle était là mais que tout allait bien se passer. Au quatrième système, une forte douleur à l’estomac puis plus rien. Je respirais, je retrouvais mes sensations et je pouvais penser. Pendant ces deux systèmes j’étais très concentrée sur le choix de mes mots, ma respiration pour que ma voix ne porte pas la panique, pour la poser. Je m’accrochais aux membres de mon groupe comme à une bouée : mon objectif c’était elles.

Une fois mieux, j’ai ouvert les yeux pour voir si tout allait bien pour elles. Ce que j’ai vu m’a apporté une réelle chaleur au cœur (ressenti dans le sens propre du terme) : elles étaient toutes relâchées dans leur siège, un grand sourire sur les lèvres. Les traits calmes. J’ai encore mieux perçu la tempête intérieure subie.

Le stress en entreprise tient aussi du fait que cette structure nie l’humain et les spécificités de chacun pour en faire un rouage dont on attend de lui qu’il soit polymorphe, inépuisable, jamais en panne. Petit morceau d’une grosse machine, le « petit morceau » n’existe plus que dans un tout qui l’englobe. Prendre conscience de son schéma corporel, prendre conscience de ses contours tels qu’on les ressent, sans y mettre de jugement, ni de représentation mentale, permet de retourner au Soi complet. Comprendre qu’un rouage est une machine à part entière, libre, indépendante et autonome.

Quand je guide, je donne, je partage, j’emmène, avec bienveillance et tournée sur les membres du groupe. Sous l’effet du stress chaque taupinière devient rapidement une montagne. Or, nous portons en nous la capacité de remettre les choses à leur juste place. Une fois les choses à leur juste place, nous prenons un positionnement juste, en accord avec nous même, dans le respect de qui nous sommes, ce que nous ressentons et dans le respect de ce que l’autre vit et perçoit. Toutes ont été très impressionnées par la vitesse à laquelle je me suis calmée et très surprise de la douceur de ma voix dès les premiers mots. J’en ai profité pour leur expliquer que la sophrologie au quotidien c’est ça :

on peut s’énerver mais la rapidité à laquelle on se détache de l’énervement et de ses conséquences (ruminations, etc.) en revenant en nous-mêmes nous aide à progressivement gérer les variations émotionnelles de la journée.

A ses yeux ce que lui a le plus apporté la sophrologie est une forme de bienveillance envers elle-même et envers les autres, tant dans la vie privée que personnelle. Elle se sent moins agressée et comprend plus facilement les réactions et comportements de ceux qui l’entourent.

Auteur : Coralie WEBER

2018-01-25T18:24:36+00:0023 mai 2015|