La méditation de Pleine Conscience est de plus en plus largement utilisée par les professionnels de santé et les sophrologues formés à cette discipline. Pour réduire le stress, améliorer le sommeil, en prévention de certaines douleurs chroniques ou d’épisodes dépressifs… depuis une trentaine d’années, ces formations ont le vent en poupe.

Nul doute que la situation actuelle, liée au covid-19 et à ses conséquences en terme de santé publique, offrira à cette spécialisation un regain d’intérêt que les sophrologues praticiens pourront intégrer dans le cadre de leur activité.

Découvrir la spécialisation de Praticien en Méditation de Pleine Conscience

Quels sont les bénéfices d’une formation à la méditation de Pleine Conscience pour les sophrologues ?

Bien qu’elle ait été conçue en premier lieu pour les sophrologues diplômés, la Spécialisation de Praticien en Méditation de Pleine Conscience de l’ESSA (MBCT/MBSR) pourra intéresser d’autres professionnels : infirmiers.ères, médecins, psychothérapeutes…

En règle générale, les stagiaires de l’ESSA choisissent cette formation pour compléter leur pratique. Ils et elles bénéficient ainsi des apports de la thérapie cognitive propre au programme MBCT et à la méditation de pleine conscience.

IMPORTANT

Le MBCT (Mindfulness Based Cognitive Therapy) est un programme spécifique de prévention des rechutes dépressives. Ouvert aux sophrologues diplômés et aux psychothérapeutes, il offre une approche plus approfondie des TCC (Thérapies cognitivo-comportementales) et de la phénoménologie de la (des) pensée(s). Il permet d’accompagner des personnes en post-dépression.

Comme nous le verrons, la spécialisation de l’ESSA s’inscrit toutefois dans un cadre plus large.

formation méditation de pleine conscience

Il arrive aussi assez fréquemment que certains sophrologues aient déjà pratiqué ou découvert la Pleine Conscience avant, durant ou après leur formation en sophrologie.

À lire aussi : L’apprentissage de la méditation grâce à la sophrologie

La méditation de Pleine Conscience pour l’exploration du contenu des pensées

La thérapie cognitive révolutionna le traitement de la dépression. Sa principale innovation fut d’amener les patients à considérer avec sérieux leurs pensées et les interprétations qu’ils en faisaient, de façon à les « attraper » et les écrire noir sur blanc, et à ensuite à rassembler, dans un esprit d’ouverture, les preuves en leur faveur et en leur défaveur.
Aujourd’hui encore, les fondements théoriques et les exercices pratiques de la Thérapie cognitive mettent l’accent explicitement sur le contenu des pensées.
Extrait du support de Pascal Gaggini • formation Méditation de Pleine conscience ESSA (2019)

Dans une approche phénoménologique de la Sophrologie (la formation initiale est donc importante), le Sophrologue est invité à pratiquer cette « phénoménologie de la Pensée » que l’on retrouve en Méditation de Pleine Conscience.

Observez ses ressentis, ses émotions, ses pensées, sans jugements… tels qu’il se donnent à voir dans l’instant.

Ces apports permettront de soutenir cette dynamique phénoménologique qui s’applique elle aussi aux pensées. Ils permettent de renforcer ou de faire évoluer la posture (savoir-être) professionnelle du Sophrologue.

formation en méditation de pleine conscienceS’agissant de la prévention des rechutes dépressives, il arrive que des infirmières sophrologues par exemple, soient amenées à encadrer les groupes auxquels s’adresse spécifiquement le protocole MBCT.

Le plus souvent en collaboration avec un psychologue ou un psychiatre.

Par ailleurs, il nous arrive souvent de rencontrer des personnes déprimées ou présentant des symptômes dépressifs.

La spécialisation développée par l’ESSA apporte donc des outils pour être en capacité :

  • de détecter ces symptômes dépressifs,
  • d’évoquer cette situation avec le sophronisant au sein d’un espace d’accueil bienveillant de sa parole,
  • de le réorienter vers un psychologue ou un psychiatre si nécessaire, les deux méthodes étant très fortement compatibles en suivi pluri disciplinaire,
  • de nourrir la créativité et le professionnalisme du sophrologue (aller chercher l’inspiration),
  • de renforcer le savoir faire et le savoir être phénoménologique,
  • de découvrir et apprendre des pratiques/méditations complémentaires,
  • d’explorer les disciplines proches de la Sophrologie,
  • de continuer à évoluer professionnellement…

Une formation à la méditation de Pleine Conscience qui favorise la montée en compétences

Il est nécessaire et important dans nos métiers de réaliser une veille technique autant que de continuer à faire évoluer sa pratique professionnelle.

Dans ce contexte, monter en compétences signifie continuer à explorer. Explorer les principes et les origines de la Sophrologie mais aussi explorer ses liens avec les autres méthodes psycho-corporelles.

Autrement dit, il faut chercher la complémentarité plutôt que l’opposition pour mieux enrichir sa pratique.

Et la MBSR c'est quoi ?

Le MBSR (Mindfulness Based Stress Reduction) est un programme de réduction du stress par la pleine conscience qui s’adresse à tous les publics.

Certains formateurs de pleine conscience considèrent d’ailleurs que le MBSR est la mère du MBCT. Ce dernier étant une extension plus poussée (sur la thérapie cognitive notamment) destinée aux professionnels. Si MBSR et MBCT peuvent se compléter, il faut noter qu’un cycle fondamental de sophrologue offre bien plus qu’un cycle MBSR développé sur 8 semaines seulement.

La Spécialisation MBCT permet d’expérimenter une approche à la fois différente et complémentaire

Dans une dynamique de créativité, les sophrologues cherchent l’inspiration et l’ouverture (à l’image de celle de leur conscience…). Ils veulent nourrir « cette créativité ».

Les méditations proposées dans le cadre de la pleine conscience sont à la fois en lien avec les principes sophro-phénoménologiques fondamentaux et en même temps ils se présentent dans une approche différente.

Le vocabulaire est différent. Le protocole l’est aussi. Mais les buts se rejoignent et offrent un autre angle de vue au sophrologue.

Remarque

Un sophrologue est tout à fait à même de se former à la Pleine Conscience, car sophrologie et méditation de Pleine Conscience ont des principes communs (dont cette phénoménologie de la pensée). L’inverse n’est pas vrai. Un praticien en méditation de pleine conscience ne pourra pas conduire des séances de Sophrologie. Et ce en raison du vocabulaire et des terminologies (dont le terpnos logos) propres à la Sophrologie notamment.

Exercice simple et original de Pleine Conscience susceptible d’être proposé

À partir de l’un des fondements du MBCT : Les pensées ne sont pas des faits !

Considérer les pensées comme des pensées et réduire le degré d’identification que nous pouvons avoir vis-à-vis de ces pensées. C’est-à-dire considérer les pensées pour ce qu’elle sont, ( « même celles qui semblent dire ne pas en être » ) et pouvoir constater à quel point nous y adhérons.

Quand le contexte, les humeurs et les pensées s’entendent pour cacher les autres perspectives possibles.
Pascal Gaggini

Isabel Hargreaves a imaginé un exercice sur l’humeur et les pensées ; il a été imaginé pour montrer aux participants quelques-unes des façons dont les sentiments peuvent déterminer la perception d’une situation particulière. L’instructeur distribue à chaque participant un bref scénario sur une feuille de papier. La version 1 de cette histoire est au recto, la version 2 au verso.

La version 1 est formulée comme suit :

exercice méditation pleine conscienceVous vous sentez déprimé parce que vous venez de vous disputer avec un collègue de travail. Peu après, vous croisez un autre collègue dans le couloir, et celui-ci s’éloigne rapidement en vous disant qu’il est pressé et n’as pas le temps de s’arrêter.
Que penseriez-vous ?

La version 2 est formulée ainsi :

exercice mindfulnessVous êtes content(es) par ce qu’un collègue et vous-même venez d’être félicités pour la qualité de votre travail. Peu après, vous croisez un autre collègue dans le couloir, et celui-ci s’éloigne rapidement en vous disant qu’il est pressé et n’as pas le temps de s’arrêter.
Que penseriez-vous ?

Dans la discussion qui s’ensuit, les membres du groupe comparent les pensées et les sentiments provoqués par chaque description. Notons qu’il ne s’agit pas d’opposer des interprétations exclusivement positives dans un cas à des interprétations exclusivement négatives dans l’autre.

En résumé, nous avons exactement la même situation objective. Dans les deux cas, le fait est que la personne n’a pas le temps de s’arrêter et s’éloigne rapidement. Cependant, pour certains d’entre nous, la disposition d’esprit avec laquelle la situation a été envisagée conduit à des interprétations et à des sentiments radicalement différentes.

Cette disparité d’interprétation démontre de manière évidente que ce n’est pas parce que nous avons une pensée que cette pensée est la vérité.

Extrait du support de Pascal Gaggini – formation Méditation de Pleine conscience ESSA 2019

En lien avec le contexte actuel – Retour à la corporalité

Porter l’attention sur le corps offre une manière nouvelle de faire l’apprentissage de la mise en place d’un autre type de relation avec les expériences difficiles.
Quand les pensées semblent prêtes à déferler, prendre un espace de respiration, aussi court soit-il, est toujours la première chose à faire.

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Auteur : Manon Soupault (Sophrologue & Responsable Pédagogique à l’ESSA)